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BYD passe à l’offensive sur le marché européen du camion électrique

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Après les bus et les voitures, le géant chinois vise désormais le transport routier

Pendant longtemps, BYD a été associé en Europe aux bus électriques. Plus récemment, le constructeur chinois s’est imposé sur le marché automobile avec une gamme de véhicules particuliers qui ne cesse de gagner du terrain, les chiffres français sont clairs. Désormais, c’est vers le transport routier que le groupe tourne ses ambitions.

À l’occasion de la conférence annuelle Handelsblatt Commercial Vehicles 2026 organisée à Munich, BYD a dévoilé les grandes lignes de sa stratégie européenne pour les véhicules industriels. Une stratégie qui dépasse largement le simple cadre du camion électrique et qui pourrait bien rebattre certaines cartes sur le marché européen.

Car chez BYD, le camion n’est qu’une partie de l’équation.

Le marché est prêt à l’électrique… mais sous conditions

Pour Barış Akyalçın, responsable du département eTruck Europe chez BYD Europe, la transition énergétique du transport routier est désormais engagée.

Les zones urbaines, les activités de distribution régionale, les collectivités, les ports ou encore les plateformes logistiques constituent déjà des terrains favorables à l’électrification. Les réglementations environnementales se renforcent, les zones à faibles émissions se multiplient et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à intégrer des objectifs de décarbonation dans leur stratégie.

Mais entre les ambitions politiques et les réalités du terrain, il reste encore un important travail à accomplir. Les transporteurs veulent des véhicules capables de travailler immédiatement, avec des coûts maîtrisés et une exploitation simple. Ils cherchent avant tout des solutions rentables.

Car la question n’est plus de savoir si le camion électrique arrivera. La véritable question est désormais de savoir dans quelles conditions il pourra être exploité efficacement.

« Nous sommes une entreprise technologique »

L’un des messages forts délivrés par BYD lors de cette conférence concerne son positionnement. Le constructeur chinois refuse d’être considéré comme un simple fabricant de camions. « BYD n’est pas un constructeur traditionnel. Nous sommes avant tout une entreprise technologique », explique Barış Akyalçın.

Contrairement à de nombreux acteurs du secteur, BYD maîtrise en interne une grande partie des technologies essentielles : batteries, moteurs électriques, électronique de puissance, logiciels ou encore semi-conducteurs. Cette intégration verticale permet au groupe de contrôler davantage les coûts, les approvisionnements et le développement technologique. Une approche qui constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts du constructeur.

La batterie au cœur de la stratégie

Au centre du dispositif se trouve la célèbre batterie Blade. Déjà largement utilisée sur les voitures particulières BYD, cette technologie est désormais déployée sur les bus et les futurs camions de la marque. Selon le constructeur, la batterie doit offrir trois qualités essentielles pour le transport lourd : sécurité, longévité et efficacité.

Un enjeu majeur à l’heure où les clients demandent des véhicules capables d’enchaîner les cycles de charge rapide tout en conservant leurs performances sur la durée. Pour BYD, la batterie reste tout simplement le cœur du véhicule électrique.

Une expérience déjà solide dans le transport professionnel

Si BYD est encore relativement discret sur le marché européen du camion, le constructeur dispose déjà d’une expérience importante dans le transport collectif. Le groupe revendique plus de 7 000 bus électriques en circulation en Europe et au Royaume-Uni. À l’échelle mondiale, ce sont plus de 120 000 véhicules industriels électriques qui seraient actuellement exploités.

Fort de cette expérience, BYD entend désormais accélérer son développement sur plusieurs segments : utilitaires légers, porteurs de distribution, véhicules municipaux, applications portuaires, plateformes aéroportuaires ou encore sites industriels fermés. L’objectif est clair : devenir un acteur majeur du transport professionnel électrique.

Le véritable défi s’appelle énergie

Mais pour BYD, le principal frein à l’électrification ne se trouve pas forcément dans le véhicule lui-même. Le véritable enjeu est aujourd’hui l’énergie. Le constructeur cite notamment l’exemple des Pays-Bas où certaines régions rencontrent déjà des difficultés de capacité du réseau électrique.

Pour un transporteur, disposer de plusieurs camions électriques implique des besoins importants en puissance de recharge, en gestion énergétique et en infrastructures adaptées. Sans énergie disponible, le camion reste immobilisé. Et lorsque les temps de recharge deviennent incompatibles avec les impératifs d’exploitation, c’est toute l’organisation de l’entreprise qui doit être repensée.

Vendre plus qu’un camion

C’est précisément pour répondre à cette problématique que BYD développe une approche globale. Le constructeur ne souhaite pas seulement vendre des véhicules mais proposer un véritable écosystème énergétique complet. Sa vision repose sur trois piliers : la production d’énergie solaire, le stockage d’énergie par batteries et la recharge rapide.

L’objectif est de réduire la dépendance au réseau électrique, de sécuriser l’approvisionnement énergétique et d’offrir davantage de visibilité sur les coûts d’exploitation. « Ce n’est pas seulement une question de camion », résume Barış Akyalçın. « Nous devons fournir une solution complète. » Une approche qui pourrait séduire de nombreux exploitants confrontés aux problématiques énergétiques actuelles.

Un réseau européen en pleine construction

Pour réussir son implantation sur le marché européen, BYD sait également qu’il devra s’appuyer sur un solide réseau de proximité. Le constructeur travaille actuellement au développement de son réseau de concessionnaires et de partenaires spécialisés dans les véhicules industriels.

Car dans le transport routier, le service après-vente, la disponibilité des pièces, les solutions de financement ou encore l’accompagnement technique sont souvent aussi importants que le véhicule lui-même. L’objectif est donc de construire un réseau capable d’accompagner les transporteurs dans leur transition énergétique au quotidien.

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