
Carrosserie industrielle : la tempête économique fait plier les géants du secteur
Publié le 13/10/2026
Acteurs historiques en crise et chute des immatriculations
L’envolée des coûts de production et l’explosion des cours du pétrole créent une onde de choc sur le marché de la carrosserie industrielle française. Pris en tenaille entre la flambée des matières premières (métaux, bois, dérivés plastiques) et la fragilisation de la trésorerie des transporteurs, le secteur subit un net coup de frein. À fin mai 2026, les immatriculations de véhicules industriels carrossés reculent de 16,8 % avec seulement 7 556 unités enregistrées, contre 9 085 un an plus tôt. Cette conjoncture étouffante a précipité la mise en redressement judiciaire d’acteurs majeurs comme Lamberet et Aubineau, après la liquidation de Durisotti.
Des trajectoires contrastées au cœur de la tourmente
Face à l’érosion des marges, les stratégies de survie divergent. Lamberet a fait le choix de réduire volontairement ses niveaux de production pour préserver un minimum viable dans l’attente d’un repreneur, tandis qu’Aubineau tente d’obtenir un second souffle après une reprise manquée par The Reefer Group. À l’inverse, certains industriels résistent : Chéreau maintient une part de marché proche de 50 %, et le groupe Trouillet affiche une croissance de 7 % au premier semestre 2026, visant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros grâce à un carnet de commandes rempli jusqu’en janvier 2027.
Incertitudes politiques et menace des pénalités européennes
L’horizon 2027 s’annonce tout aussi complexe, marqué par un attentisme électoral classique et la persistance des coûts énergétiques élevés. À plus long terme, la réglementation européenne Vecto Trailer fait peser un risque existentiel sur la filière en imposant une baisse de 10 % des émissions de $CO_2$ pour les remorques d’ici 2030. La non-conformité à ces objectifs exposerait les constructeurs à d’ourdes sanctions financières, fixées à 4 250 € par gramme de $CO_2$/tkm excédentaire par véhicule. Cette pression réglementaire et budgétaire gèle le lancement de nouvelles gammes, repoussant toute véritable relance aux grands rendez-vous de 2027.
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