
CEE poids lourds électriques : Bercy double les aides… à condition de rouler en « Made in Europe »
Publié le 29/05/2026
Une réforme structurante du dispositif CEE pour le transport lourd
Le gouvernement français vient de publier un arrêté qui entérine de nouvelles règles pour les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) appliqués aux véhicules industriels électriques. Publié au Journal officiel le 19 mai 2026, l’arrêté du 18 mai 2026 modifie en profondeur les fiches TRA-EQ-129 (poids lourds) ainsi que TRA-EQ-114, TRA-EQ-117 et TRA-EQ-128 (VUL), utilisées depuis janvier 2025 pour soutenir l’achat, la location ou le rétrofit des véhicules électriques professionnels — un dispositif qui a remplacé les anciens appels à projets de l’Ademe. Les nouvelles dispositions entreront en vigueur le 1er juin 2026.
Un doublement des primes conditionné au « Made in Europe »
Bercy a revu à la hausse les aides via des facteurs de bonification, mais à une condition stricte : le camion doit être fabriqué ou assemblé dans l’Espace économique européen (EEE). Une mesure qui écarte de fait les constructeurs asiatiques, sauf ceux qui produiront localement, comme s’y prépare par exemple Windrose. Parmi les modèles directement éligibles : le DAF XG Electric ou les tracteurs Renault Trucks à 600 km d’autonomie. La liste des camions éligibles sera publiée à partir du 1er juin par l’Ademe et mise à jour chaque mois. Les véhicules assemblés hors EEE resteront éligibles aux CEE, mais sans bénéficier des bonifications.
Des montants qui peuvent dépasser 107 000 € pour un tracteur routier
Concrètement, les montants progressent significativement selon les segments. Un camion de 3,5 à 7,5 tonnes fabriqué dans l’EEE pourra bénéficier d’environ 24 000 € d’aide (contre 16 000 € auparavant). Entre 7,5 et 12 tonnes, le montant atteint environ 37 000 € (contre 33 000 €). Pour les porteurs de 12 à 19 tonnes, la prime s’élève à plus de 59 000 € (vs 33 000 €). Elle atteint 73 000 € pour les porteurs jusqu’à 26 tonnes (vs 40 000 €). Enfin, pour les tracteurs routiers et ensembles de plus de 26 tonnes, l’aide peut dépasser 107 000 € (contre un peu plus de 61 000 € auparavant). Par ailleurs, l’arrêté assouplit les règles de leasing : l’ancienne interdiction de revente hors de France est remplacée par une obligation de location minimale de 60 mois.
Les VUL désormais primés au poids
Pour les véhicules utilitaires légers électriques, la réforme change également la logique de calcul. Jusqu’à présent, la prime CEE était relativement uniforme, autour de 3 500 à 4 000 € selon les cas. À compter du 1er juin, le montant dépendra du poids du véhicule, avec trois niveaux de bonification : coefficient x3 pour les VUL inférieurs à 1,55 t, x5 entre 1,55 et 2 tonnes, et x7 au-delà de 2 tonnes. Les grands fourgons électriques produits en Europe pourront ainsi approcher les 10 000 € d’aide cumulée via les CEE, un signal fort en faveur de l’électrification des flottes de livraison du dernier kilomètre.
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