
Décarbonation : La hausse de fiscalité sur les biocarburants « pourrait aggraver la crise du secteur »
Publié le 29/05/2026
Une vigilance ferme face à une proposition jugée dangereuse
Dans un communiqué publié le 29 mai 2026, l’Union TLF a pris connaissance du rapport parlementaire des députés Gérard Leseul et Jean-Marie Fiévet sur la décarbonation du transport routier de marchandises, dont elle salue la qualité du diagnostic posé sur les enjeux de transition d’un secteur essentiel à l’économie française, à l’emploi et à la souveraineté industrielle du pays. Toutefois, parmi les pistes envisagées par les rapporteurs, l’augmentation de la fiscalité sur les biocarburants suscite une vigilance ferme et immédiate de la part de TLF, qui rejoint sur ce point les réserves déjà exprimées par d’autres fédérations professionnelles.
Un secteur sous tension maximale qui ne peut absorber aucune charge supplémentaire
L’argument central de TLF tient à la situation économique du transport routier de marchandises, qui traverse selon la fédération une période critique. Les trésoreries des entreprises du secteur sont à leur niveau le plus bas depuis plus de vingt ans, et le renouvellement des flottes est en net ralentissement. Dans ce contexte, toute mesure qui renchérirait le coût des carburants — qui représentent près de 30 % des coûts de revient des transporteurs — viendrait accélérer un niveau de défaillances déjà inédit depuis trente ans dans le secteur. Pour TLF, l’équation est claire : il n’existe aucune marge pour absorber une charge fiscale supplémentaire.
Les biocarburants, solution de décarbonation immédiate et accessible
TLF rappelle ensuite la place stratégique des biocarburants dans la trajectoire de décarbonation. Ils constituent aujourd’hui « la réponse la plus immédiate, la plus accessible et la plus réaliste dans la majorité des situations ». Ils permettent de décarboner sans attendre le déploiement — en cours — des infrastructures électriques. La fédération insiste : « ce n’est pas une solution d’hier, c’est celle d’aujourd’hui pour les flottes en service ». Surtout, TLF s’appuie sur la comparaison européenne : les pays qui avancent plus rapidement que la France sur l’électrification de leurs flottes, notamment les pays nordiques, ont davantage recours aux biocarburants. Les deux solutions sont donc complémentaires plutôt que concurrentes, a fortiori en période de transition.
Un message politique fort de Jean-Thomas Schmitt
Le communiqué se conclut par une prise de parole sans ambiguïté de Jean-Thomas Schmitt, Président de l’Union TLF : « Une fiscalité accrue sur les biocarburants serait une erreur stratégique aux conséquences lourdes. Ne cassons pas ce qui marche, et préservons à tout prix le tissu économique des transporteurs aujourd’hui en grande difficulté. » Une position qui converge avec celle exprimée quelques jours plus tôt par la FNTR, et qui illustre l’unité des fédérations professionnelles du TRM face à toute mesure perçue comme pénalisant les solutions alternatives au gazole déjà déployées. Le débat se poursuivra dans le cadre de l’examen du futur projet de loi-cadre transports.
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