
Le marché du poids lourd électrique bloqué par les trésoreries ?
Publié le 19/10/2026
Une pénétration marginale de 0,5 % malgré une autonomie de 500 km
Sur les 620 000 poids lourds en circulation en France, seuls 2 700 sont électriques, soit moins de 0,5 % du parc national. Entre janvier et septembre, 797 immatriculations de poids lourds électriques de plus de 5,1 tonnes ont été enregistrées, représentant 2,6 % des ventes du secteur. Pourtant, les contraintes techniques s’estompent : les modèles récents atteignent 500 km d’autonomie et couvrent les besoins quotidiens de la distribution régionale ou des bennes à ordures, épaulés par un réseau national de 348 stations de recharge adaptées.
Des aides financières massives pour absorber le surcoût à l’achat
L’obstacle financier de la transition reste élevé face au diesel. Un tracteur routier électrique s’affiche à 240 000 €, contre 80 000 € pour un modèle thermique équivalent. Pour combler cet écart de coût, les mécanismes de soutien ont été renforcés : le doublement des certificats d’économies d’énergie (CEE) couplé au dispositif « Je passe à l’électrique » permet d’obtenir jusqu’à 120 000 € de subventions par véhicule, ramenant l’investissement initial à un niveau comparable à celui du thermique.
Des trésoreries asphyxiées qui gèlent le passage à l’acte
Si les professionnels sont désormais convaincus par le confort d’utilisation et les opportunités commerciales liées aux critères Scope 3 de leurs clients chargeurs, la transition opérationnelle se heurte à des bilans financiers dégradés. Confrontées à une conjoncture économique et géopolitique incertaine, les entreprises de transport privilégient la préservation de leurs fonds de roulement. Elles font le choix de reporter leurs décisions de commande, même sur des projets d’électrification jugés rentables à moyen terme.
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