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Le piège de la batterie chinoise menace les constructeurs européens

Le Journal du Poids Lourd

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Un risque d’exclusion des subventions et des marchés publics

Fabriquer un camion électrique en Europe ne suffira bientôt plus à garantir son accès aux subventions et aux marchés publics. Une étude du cabinet Ricardo commandée par l’ACEA révèle qu’environ 50 % des camions moyens et lourds assemblés sur le continent ne respecteraient pas les futures règles de contenu local imposées par le projet d’Industrial Accelerator Act (IAA). Les constructeurs font également face à une échéance imminente au 1ᵉʳ janvier 2027, date à laquelle les échanges de véhicules entre l’Union européenne et le Royaume-Uni non conformes à ces critères d’origine subiront 10 % de droits de douane.

Une ultra-dépendance industrielle concentrée sur les composants clés

Le blocage repose principalement sur l’approvisionnement en batteries, dont la moitié provient directement de Chine sous forme de cellules ou de packs complets. La dépendance se concentre en amont de la chaîne de fabrication : en 2027, moins de 5 % des cellules utilisées dans les poids lourds européens intégreront des matériaux actifs de cathode produits dans l’UE ou au Royaume-Uni. De plus, l’adoption croissante des chimies lithium-fer-phosphate (LFP) accentue cette vulnérabilité en raison du manque de capacités de production LFP hors d’Asie.

L’ACEA réclame un report des exigences calendaires à 2035

Face aux contraintes techniques, changer de fournisseur exige jusqu’à quatre ans d’essais et d’homologations. Devant ce délai et l’absence d’offre locale compétitive, l’ACEA demande un report de l’application de ces règles pour le secteur des poids lourds, estimant qu’une production européenne suffisante en batteries adaptées ne sera pas disponible avant 2035. L’association réclame également un aménagement temporaire des règles douanières avec le Royaume-Uni afin d’éviter un renchérissement du coût des véhicules pour les transporteurs.

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