
Service Échelle France reconditionnes les véhicules pompiers
Publié le 11/06/2026 - Mis à jour le 10/06/2026
On ne redoute plus d’acquérir des smartphones d’occasion et reconditionnés ? Et si on passait aux camions de pompiers ? Inaugurée à l’automne 2024 à Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), la société Service Échelle France retape de fond en comble des camions dédiés aux feux de forêt et des grandes échelles autrefois promis… à la casse. Et ça marche du feu de Dieu !
« Nous avons dix échelles à livrer cette année, la dernière est attendue pour le 24 décembre », sourit son fondateur Jean-Paul Gangloff. Longtemps employé par Rosenbauer, le premier fabricant mondial de camions de pompiers, cet Alsacien a tout plaqué pour se rapprocher de l’océan et créer cette société en famille. « Il réfléchissait à cette idée depuis 20 ans. Mais personne n’y croyait. Notre développement a été beaucoup plus rapide que prévu. Nous avons déjà les résultats qui étaient attendus dans 4 ans ! », souligne sa fille Joy Gangloff, responsable des questions commerciales et administratives. C’est qu’une grande échelle neuve coûte horriblement cher, résume Jean-Paul Gangloff : « Aux alentours d’1 million d’euros. Nous en proposons pour le quart de ce prix… »
Les moteurs sont même gonflés
« À la moindre réparation, lorsque les vieux véhicules étaient amortis », raconte-t-il, les pompiers ont longtemps privilégié l’achat de matériels neufs. Les temps ont changé. Leurs autorités de tutelle – les Conseils départementaux dans la majorité des cas – n’ont plus les moyens et commencent à regarder d’un autre œil ces véhicules reconditionnés à neuf.
À Aulnay-de-Saintonge, tous sont intégralement démontés, réparés, mis aux normes et modifiés à la demande. Ici sont ajoutés des casiers ou des barquettes de sauvetage. Là, des caméras latérales et à 360 degrés. Dans la cabine peuvent être installés des jeux de lumière : « De couleur rouge quand les pompiers partent en intervention, pour faire monter l’adrénaline. Bleue ou verte à leur retour, pour faire baisser la pression », détaille Jean-Paul Gangloff. Les moteurs sont même gonflés pour délivrer plus de puissance en intervention. Et reconditionner une grande échelle nécessite « entre 900 et 1 100 heures de travail », assure-t-il.
Service Échelle France travaille déjà avec une quarantaine de départements, et notamment le Val-d’Oise, les Yvelines et l’Essonne. Des collectivités espagnoles ont également trouvé son adresse. Avec 19 salariés, la jeune société peine à répondre à toutes les demandes et tente de recruter. D’autant qu’elle s’apprête à bâtir une extension de 3 000 m2 pour lancer d’ici 2028 deux nouvelles lignes de reconditionnement. « Nous prévoyons d’embaucher 30 à 50 personnes. Mais notre métier est encore méconnu. La formation se fait directement sur le terrain, avec une réelle rigueur et une pression : les pompiers sauvent des vies avec ces matériels », insistent Joy et Jean-Paul Gangloff.
« Je m’éclate ! Je crée, il faut cogiter pour trouver des solutions »
Dans les ateliers remplis de poids lourds, d’échelles et de nacelles, Jonathan Hognon a vite trouvé sa place. Ce soudeur travaillait à son compte dans le monde viticole cognaçais avant d’être rattrapé par la crise. « Les sous-traitants sont les premiers mis de côté », rappelle-t-il. « Un ami pompier » lui a parlé du reconditionnement des grandes échelles. Drôle d’idée, a d’abord pensé Jonathan Hognon avant de tenter l’aventure, séduit par ce côté « touche à tout ». Résultat : « Je m’éclate ! Je crée, il faut cogiter pour trouver des solutions. Quand les camions sortent, ça brille de partout ! Et ça ressemble quand même pas mal à du neuf avec un côté écolo que j’aime bien », assure le soudeur.
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