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Transport de matières dangereuses : l’ATMD alerte sur le défi du renouvellement des conducteurs

Frédéric Richard

FFC

Réunie en assemblée générale le 9 juin, l’Association du transport routier de matières dangereuses (ATMD) a placé au cœur de ses échanges une préoccupation devenue structurante pour la filière : assurer le renouvellement des conducteurs spécialisés et renforcer l’attractivité d’un métier encore largement méconnu.

À travers cette rencontre annuelle, l’organisation professionnelle a dressé un constat sans détour : le transport routier de matières dangereuses (TMD), activité fortement réglementée et exigeante sur le plan technique, fait face à une transition démographique qui pourrait devenir un enjeu majeur dans les prochaines années.

Selon les données rappelées par l’association, présidée par Florence DUPASQUIER, une part importante des conducteurs aujourd’hui en activité appartient aux générations les plus expérimentées : environ 40 % ont plus de 50 ans et plus de quatre conducteurs sur dix exercent depuis plus de quinze ans. À cela s’ajoute une représentation féminine encore très limitée dans le métier.

Face à cette réalité, l’ATMD estime que le secteur ne pourra pas compter uniquement sur les circuits traditionnels du recrutement. L’enjeu n’est plus seulement d’embaucher, mais de faire connaître des métiers souvent absents des parcours d’orientation.

L’un des temps forts de l’assemblée générale a ainsi porté sur le retour d’expérience de « TMD Expérience », une opération organisée au Creusot afin de faire découvrir les métiers du transport de matières dangereuses à des jeunes en fin de parcours scolaire.

Le principe : proposer une immersion concrète dans les activités du secteur à travers des démonstrations, des ateliers techniques et des échanges avec les entreprises. Manipulation d’équipements, découverte des opérations terrain et présentation des exigences de sécurité ont permis aux participants d’approcher une réalité professionnelle souvent éloignée de leur représentation du transport routier.

Pour l’ATMD, cette initiative répond à un besoin identifié : rendre visible une spécialité qui souffre davantage d’un déficit de connaissance que d’un manque d’intérêt intrinsèque. Dans un univers où les contraintes réglementaires sont élevées et où les compétences techniques sont déterminantes, attirer de nouveaux profils suppose de créer des passerelles plus précoces avec les établissements de formation.

Les premiers retours de l’opération étant jugés encourageants, l’association envisage déjà une nouvelle édition en 2027.

Au-delà du recrutement, les échanges ont également souligné une évolution du regard que souhaite porter la profession sur elle-même : présenter le transport de matières dangereuses non comme une niche du transport routier, mais comme une activité à forte valeur ajoutée, reposant sur l’expertise, la sécurité et la qualification des équipes.

L’assemblée générale de l’ATMD aura ainsi mis en lumière une conviction partagée : préparer la relève est désormais une condition essentielle pour garantir la continuité et la performance de la filière dans les années à venir.

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