
Transport routier : l’envolée des coûts d’exploitation asphyxie le secteur
Publié le 17/09/2026 - Mis à jour le 18/09/2026
Un environnement économique mondial et national sous haute tension
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations sur les routes maritimes internationales pèsent lourdement sur la reprise économique mondiale, limitée à +3,0 % en 2026. En France, l’activité subit un net essoufflement : après un premier trimestre négatif (-0,2 %) et un deuxième trimestre stagnant, la prévision de croissance annuelle est révisée à la baisse entre +0,4 % et +0,7 %. Ce ralentissement s’accompagne d’une hausse de l’inflation portée par la flambée des énergies fossiles (+2,1 % à +2,3 % en moyenne, avec un pic attendu à près de +2,9 % en fin d’année). La faiblesse de la demande intérieure, combinée à des taux d’intérêt élevés (proches de 4 % pour les obligations d’État à 10 ans), entraîne un repli des investissements globaux (-0,6 %) et une remontée progressive du chômage, estimé à 8,6 % d’ici la fin de l’année.
Flambée spectaculaire des carburants et hausse générale des charges
Le secteur du transport routier fait face à un choc financier majeur, principalement tiré par les cours de l’énergie consécutifs aux crises du printemps 2026. Sur un an (d’août 2025 à août 2026), le prix du gazole professionnel enregistre un bond massif de +46,0 % pour le transport routier de marchandises (TRM) et de +49,6 % pour le transport routier de voyageurs (TRV). Les carburants alternatifs ne sont pas épargnés, le GNV progressant de +19,2 % sur la même période. Parallèlement, l’ensemble des autres postes de dépenses subit des hausses régulières : les frais de maintenance augmentent de +1,6 % à +2,5 %, la détention du matériel et les assurances progressent de +3,4 % à +3,8 %, tandis que les charges sociales et salariales grimpent en raison des réformes réglementaires et des revalorisations conventionnelles.
Activité en berne et paralysie des investissements
Face au manque de commandes dans l’industrie et le bâtiment, le climat des affaires parmi les transporteurs de marchandises s’est dégradé au cours de l’été 2026. Les entreprises de transport, confrontées à l’érosion continue de leurs marges et au coût élevé de la transition énergétique, diffèrent le renouvellement de leurs véhicules. Les immatriculations de poids lourds neufs affichent un recul de -2,9 % au premier trimestre 2026, s’inscrivant dans la continuité de la chute observée en 2025 (-8,7 %). Du côté du transport routier de voyageurs, malgré la stabilisation du volume d’activité après les pics de 2024, l’impact sur le coût complet synthétique est particulièrement sévère, enregistrant une hausse globale de +6,8 % pour le transport scolaire.
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