
Transport routier longue distance : le salaire des conducteurs a progressé de 31 % en dix ans
Publié le 10/06/2026
L’effet ciseau continue de s’amplifier. Alors que l’activité poursuit sa contraction, les coûts d’exploitation des transporteurs routiers opérant pour compte d’autrui en longue distance continuent de progresser. Dans son enquête annuelle, le CNR révèle ainsi que les dépenses d’entretien-réparation ont augmenté de 3,9 % en 2025, pénalisées notamment par le vieillissement des parcs.
Dans le même temps, le coût des assurances flotte a progressé de 4,7 %, tandis que la rémunération brute moyenne des conducteurs a augmenté de 1,2 %, accompagnée d’une revalorisation de 1,3 % des indemnités de déplacement.
Les salaires, premier poste de dépense
Portée par une décennie de revalorisations (+31 %), la rémunération des conducteurs représente désormais 29,5 % du coût de revient total d’un véhicule en 2025. Elle s’impose ainsi comme le premier poste de dépense des entreprises de transport, devant le carburant (20,9 %).
Cette progression est supérieure à celle du SMIC (+23,6 % sur la même période) et s’explique par la volonté des entreprises de préserver l’attractivité du métier de conducteur.
Les temps de service mensuels demeurent par ailleurs élevés. Ils restent supérieurs au seuil de 186 heures déclenchant le paiement d’heures supplémentaires : 75,6 % des entreprises rémunèrent leurs conducteurs pour un temps de service compris entre 186 et 220 heures par mois, tandis que 23,1 % les rémunèrent au-delà de 220 heures.
Des investissements reportés
Autre indicateur mis en avant par le CNR : le déficit d’activité par rapport à 2019, dernière année pleine avant la crise sanitaire, atteint 11,9 %. Confrontées à cette activité atone, les entreprises ont différé leurs investissements. Le taux de renouvellement des parcs a ainsi enregistré en 2025 sa plus faible valeur depuis dix ans, en recul de 4,6 points sur un an.
Cette divergence entre une activité déprimée et des coûts en hausse continue d’éroder la rentabilité des transporteurs. La rentabilité nette des entreprises du panel du CNR ne s’établissait plus qu’à 1,1 % en 2024.
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