
Trésorerie en berne, marges étouffées : le cri d’alarme de l’OTRE
Publié le 23/10/2026
Une conjoncture morose et une visibilité en berne pour la filière
Le dernier baromètre d’opinion de l’OTRE pour le troisième trimestre 2026 dresse un bilan particulièrement préoccupant de la santé économique des entreprises du transport routier de marchandises (TRM) et de personnes (TRV). Dans le sillage d’un deuxième trimestre déjà fragilisé par la crise au Moyen-Orient et la flambée des carburants, les chefs d’entreprise font face à une érosion continue de leur moral. Entre pressions commerciales des donneurs d’ordre, difficultés à répercuter les hausses tarifaires et ralentissement des volumes transportés, le climat est marqué par une incertitude économique et politique qui pousse de nombreuses structures à geler leurs investissements.
Transport de marchandises (TRM) : trésorerie fragilisée et retards de paiement chroniques
Du côté du transport routier de marchandises, les voyants économiques virent au rouge. 55,4 % des entreprises signalent une dégradation de leur trésorerie nette d’investissement (contre 50,8 % au trimestre précédent), tandis que 36,9 % constatent une baisse de leur chiffre d’affaires. Pour faire face à l’inflation, les coûts d’exploitation continuent de peser lourdement : outre le carburant, 47,8 % des sociétés subissent une hausse de leurs frais généraux et 47,1 % une augmentation de leurs autres coûts de production. Le fléau des délais de paiement ne connaît aucun répit : près de 72 % des entreprises subissent des retards de règlement, et 65,6 % font état de délais supérieurs à 30 jours.
Transport de personnes (TRV) : un choc brutal sur les trésoreries
La situation est encore plus alarmante dans le secteur du transport routier de voyageurs, qui subit une détérioration fulgurante. La proportion d’entreprises déclarant une baisse de leur trésorerie nette d’investissement a bondi de 22,2 % au deuxième trimestre à 71,4 % au troisième trimestre 2026, soit une explosion de près de 50 points. En parallèle, 57,1 % des acteurs du TRV enregistrent une diminution de leur chiffre d’affaires. La hausse des charges y est généralisée : 100 % des entreprises constatent une augmentation du poste carburant, 57,1 % font face à une hausse des coûts sociaux, et 50 % subissent une progression de leurs frais généraux, confirmant l’urgence d’un soutien pour l’ensemble de la filière.
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