
Etude CNR : le coût de revient s’envole…
Publié le 14/10/2026 - Mis à jour le 13/10/2026
Une explosion spectaculaire des coûts du gazole et des charges financières
Le dernier rapport d’octobre 2026 du Comité National Routier (CNR) met en lumière une pression inédite sur les coûts de production du transport routier de marchandises (TRM) et de voyageurs (TRV). En cause principale, la secousse pétrolière consécutive aux tensions au Moyen-Orient : le gazole professionnel enregistre une hausse fulgurante de +54 % en glissement annuel (+22,5 % en moyenne sur 12 mois) pour le TRM, et grimpe de +57,9 % (+24,3 % en moyenne) pour le secteur scolaire. À cette flambée énergétique s’ajoute une explosion des coûts de détention du matériel, propulsés par des taux obligataires français et des taux d’intérêt au plus haut depuis 2008, couplés à une hausse des assurances de l’ordre de +4,1 %.
Un climat macroéconomique morose et un investissement en berne
Pour l’ensemble de l’économie française, le climat des affaires reste lourdement pénalisé par des prix de l’énergie durables, une inflation persistante et une croissance nationale bridée à seulement +0,4 % en 2026 (avant un timide +0,7 % anticipé en 2027). Cette atonie pèse directement sur le marché du transport : les immatriculations de poids lourds décrochent brutalement de -21,8 % au troisième trimestre, les transporteurs privilégiant le report des renouvellements de parcs. Du côté des ménages, la confiance reste très dégradée à 86 points en septembre, favorisant une épargne de précaution au détriment de la consommation.
Des disparités marquées et une vigilance accrue pour les professionnels
Si les postes de coûts annexes progressent plus modérément hors carburant — autour de +1,4 % pour le TRM et de +2,7 % pour le TRV scolaire —, leur cumul fragilise l’équilibre financier des entreprises. Les charges patronales s’alourdissent également avec la mise en place de la réduction générale dégressive unique (RGDU) en ce début d’année. Dans ce contexte de taux d’emprunt tendus et de recul des investissements globaux (FBCF des entreprises attendue en baisse), la filière doit composer avec un taux de chômage en repli de confiance, pointé à 8,6 % en fin d’année, obligeant les acteurs du transport à une rigueur opérationnelle maximale.
Commentez et discutez dans l’application Solutrans+
Pour réagir à cet article, échanger avec les utilisateurs et suivre les discussions de la filière, téléchargez l’application Solutrans+.

